Lucidité, vous avez dit lucidité ?

Le poète René CHAR a écrit que « la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ». Il écrit cette phrase entre 1943 et 1944, alors qu’il commande le service action parachutage pour la Résistance.

D’abord, quelques mots sur ce substantif trop mal aimé. On trouve souvent la lucidité trop triste pour être désirable, comme si la réalité recouverte de paillettes factices était préférable.

Certes, la lucidité est une blessure, si l’on n’a pas encore renoncé aux paillettes, au factice, à l’illusoire, mais faire du beau avec du vrai nous rapproche de la lumière et de la chaleur solaire.

Comme si l’effort de voir la vie vraie, et comme si le courage de faire de notre mieux pour la rendre concrètement plus belle, nous emplissait les yeux, le cœur et la peau de ce soleil que nous aimons tant.  N’est-ce pas cela, le bonheur auquel nous aspirons ? Un bonheur vrai qui connaîtrait l’euphorie, la joie, le plaisir, le délice et le ravissement, précisément parce qu’il sait aussi la faim, le froid, la douleur et la mort, la peur du noir et l’angoisse d’être.

Seule la lucidité invite la liberté, l’égalité et la fraternité à sa table. Certes, ils ne sont pas là pour le repas, mais leur couvert est mis !

Jacques Abécassis, le 06/11/2015

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